Pages

Derniers articles

Et si nous faisions la fête ? Se connaître pour vivre mieux.
Quelques réflexions sur la commune de Riantec à l'aube des municipales de 2026.
Riantec, morbihan, municipales, 2026, Bretagne, commune, ville, campagne, liste, programme
58048
wp-singular,post-template-default,single,single-post,postid-58048,single-format-standard,wp-theme-pitchwp,select-core-1.7,pitch-theme-ver-3.9,ajax_fade,page_not_loaded,smooth_scroll,grid_1000,side_menu_slide_from_right,vertical_menu_with_scroll,blog_installed,wpb-js-composer js-comp-ver-8.7.2,vc_responsive

Et si nous faisions la fête ? Se connaître pour vivre mieux.

Tout a commencé par une simple discussion avec un copain, engagé sur la liste « Agir pour Port-Louis », qui passait me rendre un outil. De fil en aiguille, nous en venons à parler de sécurité. Pour lui, la solution ne réside pas dans les dispositifs de « voisins vigilants », mais dans un concept bien plus puissant « les voisins bienveillants« .

Le constat est simple : pour être bienveillant, il faut d’abord se connaître.

Sortir de l’isolement, retrouver la joie

Son initiative est concrète. Chaque année, avec les habitants de sa rue, ils demandent l’autorisation à la mairie de privatiser leur rue le temps d’une journée. Ils sortent les tables, chacun apporte un plat, et la rue devient un lieu festif. Une sorte de fête des voisins « hors saison », libérée des cadres rigides.

Son projet, s’il arrive en mairie, est de démocratiser cette pratique.

Imaginez : la commune mettrait à disposition des kits « banquet » (tables, bancs, barnum) livrés par un agent le matin et récupérés le lendemain. L’autorisation de fermer une rue ( tant qu’il ne s’agit pas d’une artère principale ou d’une ligne de bus ) serait simplifiée.

À moindre frais, on recrée du lien là où il s’était délité. On prend le parti de la joie.

Le lien social : notre meilleure assurance-vie

En allant à votre rencontre ces derniers mois, j’ai fait un constat troublant : beaucoup de Riantécois ne connaissent pratiquement personne dans la commune, parfois même pas leur voisin. Pourtant, dans un monde en plein remous, le lien que nous saurons tisser entre nous sera notre meilleure assurance.

Cette intuition de la « bienveillance » n’est pas qu’une affaire de bons sentiments, c’est un enjeu de résilience. Lors du tsunami de 2011 au Japon, les chercheurs Daniel P. Aldrich et Yasuyuki Sawada ont analysé 133 villes sinistrées. Ils ont découvert que le facteur déterminant de la survie n’était ni la hauteur des digues, ni l’exposition géographique, mais le niveau de confiance et d’interaction entre les habitants.

Pourquoi ? Parce qu’entre le séisme et l’arrivée de la vague, il ne restait que 40 minutes. Là où les gens vivaient isolés, chacun est resté seul face au danger. Mais dans les communautés soudées, une chaîne d’entraide s’est immédiatement mise en place : on a frappé aux portes, on a porté les plus fragiles, on s’est mobilisé ensemble. Les municipalités riches en liens sociaux ont eu des taux de mortalité bien plus faibles.

C’est le grand paradoxe moderne : on investit des millions dans les infrastructures physiques (le béton, les digues, les caméras), mais presque rien dans le tissu social. Pourtant, le lien social est notre facteur de protection le plus efficace face aux crises, qu’elles soient climatiques, sociales ou économiques.

Cultiver la joie de se connaître aujourd’hui, c’est construire notre capacité à tenir ensemble demain.

La solitude et l’individualisme ne sont pas seulement tristes, ils pèsent sur notre santé mentale. À l’inverse, cultiver la joie de se retrouver est un acte de résistance nécessaire.

Une vision : Les Banquets Culs Salés

Quand je laisse libre cours à mes ambitions pour notre commune, j’imagine cette idée se déployer de mai à septembre. Ce serait une sorte de festival décentralisé où chaque quartier, chaque hameau, pourrait organiser sa propre tablée.

On ne ferait pas que manger :

  • À Brambis, on pourrait s’aventurer dans les bois avec un conteur.
  • Au Bois d’Amour, un botaniste nous ferait découvrir les plantes de notre pays.
  • À la Croizetière, les voisins musiciens feraient vibrer les légumes.

Chaque voisinage serait libre de s’emparer de l’idée ou non. La mairie ne serait pas un organisateur, mais un facilitateur, un appui logistique qui dit : « Allez-y, rencontrez-vous, la rue est à vous. »

Au-delà de la simple rencontre, une telle initiative transformerait l’image même de notre commune. Aujourd’hui, si Riantec est prisée pour la beauté de ses sentiers côtiers, la ville souffre paradoxalement d’une image de « ville sans vie ».

Nous disposons pourtant de toutes les installations nécessaires, mais celles-ci sont souvent perçues comme purement utilitaires par les habitants des communes voisines : on vient ici pour le laboratoire d’analyses, pour accompagner un enfant au collège ou pour la déchetterie, mais trop rarement pour le simple plaisir d’y vivre une expérience joyeuse.

En ouvrant nos rues à la convivialité, nous changeons ce regard. Riantec cesserait d’être un lieu de passage technique pour devenir une destination festive. Ce projet porte en lui la promesse d’une ville qui ne se contente plus de rendre des services, mais qui offre des moments de vie. En cultivant cette « culture du banquet » et de l’accueil, nous donnerions à Riantec le visage d’une commune chaleureuse, habitée par ses citoyens.

Le bonheur est contagieux, il suffit parfois d’une table et de quelques chaises sur le bitume pour le voir fleurir.