Cas pratique d’urbanisme autour de l’école Paul Emile Victor / Diwan
Comment transformer nos rues pour que marcher ou pédaler redevienne un plaisir plutôt qu’un sport de combat ? Comment favoriser l’autonomie des plus jeunes tout en fluidifiant la circulation au centre-bourg ?
Je souhaite proposer ici une réflexion concrète, guidée par un objectif majeur : permettre au maximum d’enfants de rejoindre leur établissement à pied ou à vélo, en toute sécurité. Si je prends ici l’exemple des écoles Paul-Émile Victor et Diwan, cette approche doit s’étendre à tous les groupes scolaires de Riantec, jusqu’au collège.
L’urbanisme : une intelligence collective
L’urbanisme ne doit plus être le domaine réservé de quelques décideurs. Pour concevoir des solutions adaptées, il est impératif de confronter les points de vue des usagers du quotidien : agents municipaux, parents, enseignants, commerçants, riverains et, bien sûr, les enfants eux-mêmes.
« C’est en frottant les idées que l’on parvient à la solution optimale. »
Cette approche de réflexion collective permet d’identifier les « angles morts » techniques que seule l’expérience du terrain révèle. En croisant ces regards, nous passerons d’une gestion court-termiste à une planification urbaine cohérente et durable.
Un trait d’union vert plutôt qu’un « tunnel de voitures »
La configuration actuelle en cul-de-sac de deux de nos écoles crée des conflits d’usage dangereux.
L’idée d’évacuer le trop-plein de véhicules en créant une route traversant les terrains préemptés vers le Bois d’Amour serait, à mon sens, une erreur. Transformer ce secteur paisible en un « tunnel à voitures » dégraderait la qualité de vie des riverains et gâcherait une opportunité unique de favoriser l’autonomie des enfants.
À l’inverse, une venelle cyclable et piétonne reliant les écoles, le Bois d’Amour et la rue des Écoles valoriserait tout le quartier. Imaginez un parc attenant, véritable poumon vert où familles et assistantes maternelles pourraient se retrouver à l’ombre, loin du trafic et de ses dangers.
Sécuriser le « passage bulles » (Salle Queffélec)
Une solution technique simple et peu onéreuse permettrait de lever un risque d’accident majeur : inverser le sens de circulation de la rue Joliot-Curie.
- Transformer le cul-de-sac en boucle : En offrant un second point de sortie, on diminue la pression automobile, qui s’accentuera bientôt avec les nouveaux commerces et habitations près du cabinet médical.
- Dégager la visibilité : Ce changement de flux permettrait aux conducteurs d’avoir une vue dégagée sur le cheminement piétonnier devant la salle Queffélec. Un simple marquage au sol et quelques panneaux suffiraient à sécuriser les enfants.

Riantec et le baromètre vélo : un constat alarmant


Aujourd’hui, Riantec stagne en bas de classement du Baromètre Villes Cyclables, les efforts de la commune étant jugés insuffisants. Ce constat s’étend malheureusement aux piétons. Dans certains projets récents, les mobilités douces semblent avoir été purement et simplement ignorées.
Le « logiciel » municipal semble bloqué sur un modèle daté : construire au ras de la chaussée. Cette absence de recul crée des situations aberrantes :
- L’extension de la mairie dispose de sorties débouchant directement sur la route, sans trottoir digne de ce nom.
- Sur la route du collège et du château de Kerdurand, les aménagements forcent les poussettes et les jeunes à marcher sur la voie car les espaces dédiés sont trop étroits ou impraticables.
Une fois le béton coulé, corriger ces failles devient complexe et coûteux. Il est dramatique de constater le contentement de l’équipe actuelle face à de telles erreurs de conception.
Quel héritage pour Riantec ?
L’enjeu n’est pas de faire la guerre à la voiture, mais de refuser que Riantec devienne une « ville drive-in », à l’image de cette boîte aux lettres posée sur la place de la mairie pour être utilisée sans descendre de son véhicule.
Nous arrivons à un point de bascule. Poursuivre avec cette vision court-termiste pendant six années supplémentaires rendra les dommages difficilement réparables. Quel cadre de vie voulons-nous laisser à nos enfants ? Il est temps de choisir une ville respirable, pensée pour l’humain et la sécurité de tous.







